Une expérience inoubliable à Marseille

Ci- dessus, je vous partage le superbe texte de Fernanda Raquel, étudiante à l’ IDL qui a passé un an à Marseille et qui est maintenant retournée dans son pays. Cette dernière production écrite est une lettre d’adieu à Marseille.

Au revoir Marseille

J’ai pleuré quand je me suis rendue compte que le français va me manquer.  Ce qui me manquera le plus sera certainement le fait d’être  étonnée chaque jour de la découverte de nouveaux mots et d’expressions qui me font rire. La beauté d’une langue est parfois oubliée quand elle est maitrisée. La relation avec une nouvelle langue est comparable à une relation amoureuse, c’est chaque jour une bonne surprise qui  augmente la passion et qui permet de réaliser qu’il y a toujours  beaucoup à apprendre, donc il est possible de s’imaginer toute une vie ensemble avec l’objet de la passion.

J’ai pleuré aussi quand je me suis rendue compte que Marseille, tu vas me manquer, car il y a plein de nouvelles choses  que je voudrais savoir sur toi. Tu restes encore comme un code que je ne connais pas. C’est ton mystère qui me fait du bien.

Sans aucun doute, tu es mon expérience inoubliable. À mesure que je me rapproche de notre au revoir c’est dingue de m’imaginer loin de toi, Marseille – de ton ciel bleu, des tes rues sales, des tes nombreuses langues, de ton accent spécial, de toutes les femmes si importantes qui m’ont accueillie, de ta mer transparente, des tes gens sympas, de tes odeurs maghrébines… Ah, Marseille,  tout cela je n’aurais jamais pu me l’imaginer au début. Et maintenant qu’est-ce que je vais faire de cette distance entre nous ? D’un lieu vers un autre, d’un sud vers un autre plus extrême.

Me revient en mémoire l’image de la  Calanque de Sugiton  la première fois que je suis allée là-bas, j’ai pensé : « ah Marseille, comment oses-tu  être si belle ? ». C’était la première fois que je pensais que peut-être il serait possible d’être heureuse ici. Et, alors, je me suis habituée à être heureuse là  où tout le monde pense que c’est impossible.

Ah, Marseille, en fait, tu es la ville impossible, la ville inimaginable, la ville improbable, la ville que personne n’a choisi. Tu es une fiction et la pure vérité. Comme l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun l’a écrit : « Marseille est une énigme, une maison avec plusieurs portes et fenêtres toujours ouvertes ». Marseille, toi, tu rappelles à la France  son passé colonial,  ses guerres,  son désir de maintenir le pouvoir sur les « subalternes ». Et ça c’est impardonnable à la République, c’est pour ça qu’elle te méprise. Toi et ta Méditerranée, si bleue, ou si noire pour les migrants qui essayent de la traverser. Cependant, tu es comme la ville du rêve, là ville où tout sera différent, la ville pour recommencer une nouvelle vie. Mais, tu le sais, c’est pas facile. Tu es toute une ville de bonnes et de mauvaises venues. Ah Marseille ! Tu étais et tu es encore la crise. Je ressens un certain vertige devant toi. Tu augmentes mon désir de comprendre la complexité du monde. Que puis-je y faire? Marseille tu me débordes.

Marseille, tu as le quartier le plus pauvre de l’Europe. Tu as la ségrégation territoriale. Tu as le marchand de sommeil. Tu es décadente. Tu es un chaos. Alors que je m’arrête de penser à tout ça, comment puis-je t’aimer ? Je devrais te détester. Mais c’est juste ça qu’ils veulent, que je te déteste, que je ne te pardonne pas, que je te méprise. Désormais, je n’arrive pas à le faire. Comme Rainer Maria Rilke, j’ai l’habitude d’aimer les choses difficiles. Toi, Marseille, tu es extrêmement difficile. Et c’est juste pour cette raison que je t’aime. Oui, Marseille je t’aime et tu vas bien me manquer.

Venir étudier à l’Institut Destination Langues

Venir à l’Institut Destination Langues, prendre des cours et visiter Marseille ?
Ils l’ont fait et vous en parle dans leur blog/padlet
Suivez le lien 😉
https://padlet.com/Destination_Langues/k6bqmsrnrko7

Made with Padlet

EXCURSION SUR LA CORNICHE

Mercredi 28 août, nous sommes partis explorer la corniche, nous avons visité ses lieux emblématiques et nous avons aussi crée un roman photo qui est encore en cours de réalisation. Mais voici un petit aperçu de notre histoire : des amis, une lettre d’une amie défunte leur étant adressée, un jardin et une boite à souvenirs, je n’en dirai pas plus pour le moment ! Merci aux étudiant.e.s et à leur créativité 🙂

 

Ma relation avec les langues dans la vie quotidienne ( article de Charlotte, étudiante en B2 )

Les langues ont un usage plutôt particulier dans ma vie quotidienne.

C’est curieux comme chaque langue a sa fonction. L’anglais c’est la seule langue qui est vraiment polyvalente, car je l’utilise pour tout: pour étudier, pour socialiser, avec des amis, ainsi qu’avec ma famille, dans le domaine professionnel et j’en passe.

Je ne veux pas dire que ce soit dû à la nature de la langue en particulier, mais je dois avouer que certaines langues en effet me semblent plus adaptées à un certain usage. Par exemple, l’allemand, bien que j’aie habité en Allemagne pendant sept ans, je ne suis jamais arrivée à un point où je me suis sentie vraiment à l’aise pour bavarder en allemand, et ce n’est pas à cause d’un manque d’habilité linguistique, mais plutôt que dans ma tête c’était la langue dans laquelle je travaillais et je gérais ma vie “bureaucratique”. La plupart de mes amis étaient soit lusophones, soit hispanophones, et de ce fait, on parlait/on parle espagnol ou portugais concernant tout ce qui est informel, mais en même temps on utilisait des termes administratifs en allemand.

Pour donner un contexte:

on faisait l’Anmeldung (l’inscription/la demande) chez l’Arbeitsamt  (le pôle Emploi) (ou on peut même le transformer en verbe latinisé: “s’enmeldear”), on a des Termins (des Rendez-vous), et on fait des Geschäfte (affaires). En ce moment je suis en train de divorcer, mon futur ex mari et moi  parlons toujours en portugais, sauf quand on discute la “Scheidung” (le divorce).

Une chose similaire se produit avec ma langue maternelle: le néerlandais. Je l’utilise exclusivement avec ma famille, notamment avec mes parents et ma grand-mère. Par conséquent, mon néerlandais est très “propre”, je ne connais pas l’argot et quand je parle avec quelqu’un de mon âge, je me sens assez ennuyeuse et sèche. Et pire, quand quelqu’un est un peu grossier j’entends une petite voix dans ma tête qui dit “tu devrais te savonner la bouche!” genre ma grand-mère.. bien que la même chose ne me dérange pas du tout dans une autre langue..

À propos de l’apprentissage des langues.. Pour moi, la partie la plus difficile dans l’apprentissage d’une nouvelle langue c’est le niveau qu’on a maintenant, c’est-à-dire un B1-B2. Quand on la maîtrise suffisamment pour pouvoir s’exprimer, mais pas assez bien pour s’exprimer d’une façon naturelle, avec “grâce” pour ainsi dire, comme si une partie de notre personnalité se perdait dans la traduction. On ne parvient pas encore à rigoler, et quand on cherche à le faire, ça marche pas, et admettons-le.. rien n’est pire que devoir expliquer une blague! En revanche, quand on surmonte cette phase, on gagne quelque chose de nouveau, d’inédit, une petite part de notre personnalité qui n’existait pas avant, ou qu’on n’avait pas encore découvert dans d’autres langues.

Charlotte

36087027_10211950681944153_3044194397596942336_n
Notre étudiante polyglotte Charlotte