Atelier artistique au FRAC

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Vendredi 26 août, dans le cadre du programme culturel de l’IDL, avec les étudiants de l’école, Lise et Luigi ont participé à l’atelier d’écriture autour de Sophie Calle, célèbre artiste française, animé par Grazia, une médiatrice du FRAC (le Fond Régional d’Art Contemporain), dans ce lieu très particulier.
Après nous avoir fait un petit exposé sur l’artiste et montré un documentaire intéressant, Grazia nous a présenté une valise intitulée «L’Autobiographie selon Sophie Calle» qui s’appuie sur «Le Faux Mariage». La valise contient, outre la reproduction du Faux Mariage, un matériel original pour appréhender le parcours de l’artiste, par l’écriture, la lecture, les activités manuelles…et aussi en fonction de notre inspiration du moment, l’improvisation théâtrale.

Nous ne pouvons pas tout vous expliquer, parce que nous voulons renouveler cette merveilleuse expérience au FRAC, mais aussi parce que, parmi nos lecteurs, peut-être que quelqu’un a envie de participer à ces ateliers. Nous vous invitons à le faire !

Nous vous montrons toutefois les photos de cette activité culturelle. Merci encore à Grazia et au FRAC pour l’hospitalité !

Quand l’atelier écrit se délocalise au FRAC !  de LISE – enseignante IDL

Grazia, la talentueuse médiatrice culturelle du FRAC, nous propose un atelier écrit in situ inspiré des Histoires Vraies de Sophie Calle dont on peut voir les œuvres, issues des réserves, exposées au Fond Régional d’Art Contemporain.
Autour d’une petite collation nous allons découvrir, fouiller et expérimenter le travail de la plasticienne puis chaque participant va rédiger un texte associé à un objet personnel de son choix pour raconter une histoire VRAIE … ou presque !
Dimitrios nous propose ses lunettes noires, Arne une de ses chaussures, Iara sa boite à pilules roses…des objets intimes qui vont être le point de départ pour des confidences…surprenantes !

Voici une de découverte de l’atelier : La célèbre lettre «Prenez soin de vous» .

Sophie,

Cela fait un moment que je veux vous écrire et répondre à votre dernier mail. En même temps, il me semblait préférable de vous parler et de dire ce que j’ai à vous dire de vive voix.
Mais du moins cela sera-t-il écrit.
Comme vous l’avez vu, j’allais mal tous ces derniers temps. Comme si je ne me retrouvais plus dans ma propre existence. Une sorte d’angoisse terrible, contre laquelle je ne peux pas grand-chose, sinon aller de l’avant pour tenter de la prendre de vitesse, comme j’ai toujours fait.
Lorsque nous nous sommes rencontrés, vous aviez posé une condition : ne pas devenir la « quatrième ».
J’ai tenu cet engagement : cela fait des mois que j’ai cessé de voir les « autres », ne trouvant évidemment aucun moyen de les voir sans faire de vous l’une d’elles.
Je croyais que cela suffirait, je croyais que vous aimer et que votre amour suffiraient pour que l’angoisse qui me pousse toujours à aller voir ailleurs et m’empêche à jamais d’être tranquille et sans doute simplement heureux et « généreux » se calmerait à votre contact et dans la certitude que l’amour que vous me portez était le plus bénéfique pour moi, le plus bénéfique que j’ai jamais connu, vous le savez. J’ai cru que l’écriture serait un remède, mon « intranquillité » s’y dissolvant pour vous retrouver. Mais non. C’est même devenu encore pire, je ne peux même pas vous dire dans quel état je me sens moi-même. Alors, cette semaine, j’ai commencé à rappeler les « autres ». Et je sais ce que cela veut dire pour moi et dans quel cycle cela va m’entraîner.
Je ne vous ai jamais menti et ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Il y avait une autre règle que vous aviez posée au début de notre histoire : le jour où nous cesserions d’être amants, me voir ne serait plus envisageable pour vous. Vous savez comme cette contrainte ne peut que me paraître désastreuse, injuste (alors que vous voyez toujours B., R., …) et compréhensible (évidemment…) ; ainsi je ne pourrais jamais devenir votre ami.
Mais aujourd’hui, vous pouvez mesurer l’importance de ma décision au fait que je sois prêt à me plier à votre volonté, alors que ne plus vous voir ni vous parler ni saisir votre regard sur les choses et les êtres et votre douceur sur moi me manqueront infiniment.
Quoi qu’il arrive, sachez que je ne cesserai de vous aimer de cette manière qui fut la mienne dès que je vous ai connue et qui se prolongera en moi et, je le sais, ne mourra pas. Mais aujourd’hui, ce serait la pire des mascarades que de maintenir une situation que vous savez aussi bien que moi devenue irrémédiable au regard même de cet amour que je vous porte et de celui que vous me portez et qui m’oblige encore à cette franchise envers vous, comme dernier gage de ce qui fut entre nous et restera unique.
J’aurais aimé que les choses tournent autrement.
Prenez soin de vous

“J’ ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par ces mots : Prenez soin de vous.J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre.J’ai demandé à cent sept femmes – dont une à plumes et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer. L’épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi.” S. C.

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