Table ronde sur la politique du tourisme durable à Dakar, Sénégal

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A l’occasion de l’année européenne, Marseille 2013, la ville accueille le monde et cette semaine, c’est la semaine de Dakar au Pavillon M et des tables rondes sont également prévues à l’Hôtel de Ville. Cela permettra aussi de célébrer le 45è anniversaire du jumelage Marseille/Dakar.

Après les ateliers de l’après-midi, je propose aussi à quelques étudiants de venir avec moi et je réussis au moins à convaincre Tomasz de m’accompagner. Comme la conférence commence à 17h et que l’atelier a duré jusqu’à 16h30 nous nous dépêchons pour descendre jusqu’au Vieux Port où se trouve l’Hôtel de Ville de Marseille. Mais on aurait pu épargner nos peines : nous sommes bien à l’heure mais c’est le début de la conférence qui se fait attendre.

Avec un peu de retard, elle commence tout de même, il était prévu que le maire y participe mais celui-ci ne viendra pas. Il y a M. Oumar N’Dao, Directeur du Tourisme et de la Culture de la Ville de Dakar, Henry (dont je n’ai pas entendu le nom), le représentant d’une ONG s’occupant du tourisme à Dakar et un modérateur.

Au début de la conférence j’ai un peu de mal à m’habituer à l’accent sénégalais de M. N’Dao mais au bout d’un moment je m’y fais. Ils abordent d’abord les similitudes entre les villes de Marseille et Dakar. Le modérateur mentionne par exemple que beaucoup de Marseillais ne se seraient pas imaginés que Marseille accueillerait un jour 3-4 millions de touristes. Toutefois, la ville est handicapée par son faible patrimoine au regard d’une si longue histoire. Elle est connue pour la « Marseillaise » mais il n’y a presque aucune trace matérielle. Par conséquent il y a aussi un besoin de travailler sur le tourisme à Marseille.

Dakar, la capitale du Sénégal a 3 millions d’habitants, elle est considérée comme porte de l’Afrique de l’Ouest et est relativement pacifique. Le tourisme marseillais n’est pas encore parfaitement développé et pourtant il y a beaucoup plus de touristes à Marseille que dans tout le Sénégal. Un nouveau problème est représenté par la nécessité d’avoir un visa, étape qui vient d’être établie. Les gens à Paris ne sont pas bien informés et d’après M. N’Dao il s’agit surtout d’une formalité financière.

Le tourisme durable a maintenant comme but de permettre de voyager surtout mieux et pas de voyager plus car on ne veut pas produire un tourisme de masse. L’intention est surtout de s’enrichir du territoire de sorte qu’il s’agit en même temps d’un acte intellectuel mais qui demeure également coûteux. Pour faire encore le lien entre Marseille et Dakar ils évoquent le problème des visites. Bien que la ville phocéenne soit célèbre pour le pastis, il est très difficile de visiter les lieux de fabrication, ce qui est aussi le cas pour le port de Marseille.

Ensuite on se pose la question de savoir ce qu’on va chercher à Dakar. La difficulté vient surtout de la rupture entre le touriste et l’habitant, car seuls les marchands profitent du séjour d’un étranger à Dakar. La naïveté des touristes renforce encore ce sentiment et à cette occasion M. N’Dao raconte une anecdote qui s’est déroulée lors d’une soirée où il y avait aussi des touristes. Son épouse, à l’époque, attendait un enfant, elle ne se sentait pas bien et il l’a accompagnée vers les toilettes. Un monsieur leur a dit que le changement alimentaire était peut-être la raison de son malaise. Elle avait mangé un steak frites.

Un autre exemple mentionné est le glossaire d’un guide pour Dakar, qu’il a lu. Il y avait une liste pour avoir une base de Wolof (la langue locale). Le premier mot était « Bonjour », le deuxième « Combien ça coûte ? » et le troisième « On m’a volé ».

Après avoir dit cela M. N’Dao ne précise rien parce qu’on comprend le problème qu’il voulait souligner.

D’un autre côté il est aussi gênant que les dakarois pensent toujours à l’argent quand ils voient des blancs. Cette attitude évoque forcement une certaine agressivité contre laquelle il faut faire campagne. Par rapport à l’argent, M. N’Dao raconte encore une petite histoire d’un voyage qu’il a fait, de Dakar à Rio. Entre les deux villes il y a un trajet de 4h mais au lieu d’y aller directement il a dû faire un changement à Paris de sorte qu’il a mis 22h et cette difficulté, qui rend un voyage au Sénégal beaucoup plus cher, existe aussi avec d’autres destinations.

Par la suite, la conférence traite de la culture et M. N’Dao mentionne le manque d’une sorte d’« agenda culturel » parce qu’on reproche assez souvent à Dakar être une ville inanimée, ce qui n’est pas du tout le cas. Il est seulement nécessaire de regrouper les nombreuses possibilités de la vie culturelle pour mieux pouvoir les faire circuler. Il compare aussi le Sénégal au Burkina-Faso où il y a beaucoup de choses culturelles à voir et où les touristes se trouvent dans la rue et avec les gens du pays, au contraire du Sénégal, où on suit pour l’instant le modèle européen avec des salles climatisées, etc. ce qui est beaucoup plus cher et ne permet pas un lieu de rencontre qui créerait un tourisme responsable.

Cela s’accompagne aussi de la situation des spectacles africains qui ont un esprit très différent du modèle européen. Le mot important est « l’interaction ». Il ne semble pas toujours qu’il y ait un fil rouge ou de l’organisation mais ce qui compte lors d’un spectacle africain est le mouvement, les gens ont un autre regard, une autre philosophie, une autre vision et ils ne peuvent pas et ne veulent pas s’adapter aux européens.

Cette phrase résume pour moi ce qui compte, c’est que les touristes qui vont au Sénégal ne devraient pas chercher un autre Europe en Afrique mais il faut se plonger dans la situation.

Lea N.

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